Penser l'intime à l'aide de la littérature avec Catherine MILLET

Les mots pour dire cette intimité et le style mis en œuvre relèvent souvent de l’écriture de soi, du journal intime jusqu’à l’autobiographie.Mais une telle conception et une telle pratique de l’art d’écrire ne risquent-elles pas de confiner à l’exhibitionnisme narcissique d’un plaisir solitaire incommunicable, si le mouvement expressif n’est pas porté par un désir de communication de soi au lecteur, et même par une volonté de signification de l’humaine condition dont tout homme est porteur, condition qui est sans doute au cœur de l’œuvre d’art la plus véritablement personnelle ? Catherine Millet est écrivain et critique d’art, directrice de la rédaction d’art press, revue à la fondation de laquelle elle a participé en 1972. Elle est l’auteur d’ouvrages sur l’art contemporain, parmi lesquels on peut citer Dalí et moi (Gallimard, 2005), Le Corps exposé (Cécile Defaut, 2011). En tant que commissaire d’expositions, elle a entre autres réalisé : Baroque 81 (Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, 1981), Douze artistes français dans l’espace (Tokyo, Séoul, 1985) et a été commissaire du Pavillon français pour la Biennale de Venise 1995. En 2001, elle a publié La vie sexuelle de Catherine M. (Seuil), puis en 2003, Riquet à la houppe, Millet à la loupe (Stock), et en 2008, Jour de Souffrance (Flammarion). Catherine Millet a publié son troisième ouvrage autobiographique, Une enfance de rêve (Flammarion), en avril 2014. Natalie Levisalles est journaliste à Libération.